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Deuil

Comment le traverser ?

Publication : 06/10/2023

10 min

Comment traverser un deuil

Crédit photo : Sammie Chaffin sur Unsplash

Si vous êtes sur cette page, c’est sans doute que vous vivez le décès d’un proche et nous en sommes désolés. Comme il ne s’agit pas d’une phase très fun, et qu’on sait rarement comment l’appréhender, voici quelques conseils pour le gérer du mieux possible. Prenez le temps qu’il vous faut et une grande inspiration. Puis relâchez-la doucement.

Pourquoi parle-t-on de travail de deuil ?

Le travail du deuil est un concept développé par S. Freud en 1915. Pour lui, il s'agit d'un processus qui s’impose suite à la perte d’un être cher.

 

Si on parle de travail, c’est bien parce qu’il s’agit d’un travail. C’est long, pénible et douloureux. On se sent généralement impuissant et démuni face à la tâche à accomplir. Et désolé … vous ne pourrez pas y échapper. Voilà. Autant l’admettre tout de suite. Faire son deuil, c’est turbo nul, mais c’est nécessaire. 

 

Mais surtout, vous allez y arriver.

 💡Chiffre

Selon Michel Hanus, seuls 5% des deuils deviennent pathologiques. Vous avez donc 95% de chances pour qu’il se passe normalement.

Et si vous faites partie des 5%, sachez qu’il existe des solutions en se faisant accompagner par un professionnel.

Pourquoi est-on triste à la mort de quelqu’un ?

homme triste

Crédit photo : H NP sur Unsplash

La question peut sembler évidente, mais la réponse ne l’est pas tant que ça. 

Au-delà de perdre quelqu’un d’important dans votre vie, le deuil c’est surtout apprendre à vivre sans une personne à qui vous étiez attaché. Et être attaché à quelqu’un, ça n’est pas seulement la trouver sympa et aimable. C’est surtout avoir configuré votre cerveau à vivre en partie grâce à elle et pour elle. On vous explique.

Bref détour par la théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement a été développée par John Bowlby à partir de 1958. Elle part du principe que les bébés ne peuvent pas prendre soin d’eux-mêmes. Mais ils doivent manger, être au chaud et se sentir en sécurité. Pour rester en vie, ils ont donc besoin d’une personne-ressource, un caregiver pour s’occuper d’eux. La plupart du temps, il s'agit de leur parent. 

Si les parents sont disponibles pour répondre aux besoins de l’enfant, à ses sollicitations ou à ses jeux, le bébé va s’attacher à eux. C’est-à-dire qu’il sait qu’il pourra se mettre en sécurité dès qu’il se sentira en danger. 

D’un autre côté, les caregivers vont, eux aussi, s’attacher à leur bébé (il en va de la survie de l’espèce). En apportant des soins ou en passant du temps avec leur enfant, les caregivers vont, eux également, s’attacher. Même si leur propre survie n’en dépend pas. 

 

Dès l’enfance, puis à l’âge adulte, l’attachement va se formaliser dans d’autres relations : avec les amis, en couple, puis avec ses propres enfants. 

 

Perdre quelqu’un à qui on est attaché crée donc un stress terrible. Le cerveau comprend qu’il vient de perdre une personne-ressource. Il a l’impression qu’il ne pourra plus revenir à son port d’attache en cas de besoin ou se mettre en sécurité auprès de cette personne s’il le faut. 

La mort d’un proche, c’est un peu comme si vous vous retrouviez seul au milieu de l’océan, sans boussole pour vous orienter.

Les symptômes du deuil

Dans les premiers jours, le deuil peut être particulièrement violent. Notamment parce qu’il cause un stress terrible. À ce titre, il va produire des symptômes s’approchant de ceux d’une dépression. Cela peut être : 

  • Une tristesse profonde

  • Des troubles du comportement alimentaire (en mangeant trop ou trop peu)

  • Des troubles du sommeil, notamment parce que vous rêvez du défunt ou que vous n’arrivez pas à dormir

  • Des ruminations : vous allez ressasser encore et encore les évènements que vous avez vécus avec le défunt

  • Des hallucinations : il est possible, pendant cette période, de voir ou d’entendre le défunt

  • Vous avez également l’impression de le croiser partout, dans la rue, à la télé …

 

À cause du stress, le deuil peut aussi créer des réactions liées au choc traumatique. C’est-à-dire : 

  • Des palpitations cardiaques

  • Des troubles digestifs

  • Des sensations de froid ou à l’inverse une transpiration excessive

  • Une hypervigilance

  • Une fatigue intense

 

Il est donc courant de ressentir certains de ces symptômes à la suite d’un décès.

Comment faire son deuil au mieux ?

Le travail prend du temps. Mais certaines choses peuvent vous aider à passer cette période difficile.

Accepter la tristesse

La tristesse est un signal produit par votre corps et votre cerveau. Ce signal doit être pris en compte pour être traité correctement puis classé dans les zones adéquates de la mémoire.

Votre cerveau est le résultat de millions d’années d’évolution. S’il est triste, c’est qu’il en a besoin. Ça ne sert à rien de faire le bonhomme ou le gros dur. Lutter contre la tristesse vous demandera beaucoup d’énergie et causera du stress supplémentaire.

S’entourer et entourer les autres

En général, on n’est jamais le seul à perdre un proche. Vous n’êtes donc pas seul à être triste. Le deuil peut aussi toucher vos frères et sœurs, votre partenaire ou vos enfants …

S’entourer, passer du temps ensemble, parler de la perte est le meilleur moyen de diluer la tristesse. Enfin, se rappeler ensemble des bons moments passés, regarder des photos, est aussi le plus bel hommage à rendre à la personne disparue (et non, ça n’est pas morbide).

Garder la personne près de vous

Avoir une photo de votre proche, un objet qui lui appartenait, est aussi un moyen de faciliter votre deuil.

Surtout, prendre le temps qu’il faut

N’essayez pas de passer à autre chose une fois l’enterrement passé. Cela prend du temps et il est variable en fonction de chacun. N’essayez donc pas de précipiter les choses.

Que veut dire “faire son deuil” ?

Ça n’est pas oublier définitivement la personne défunte. C’est apprendre à vivre sans elle.

Il faut distinguer le manque que vous ressentez parce que la personne n’est plus là. Et le stress causé par sa perte. Le processus doit permettre de gérer ce stress et ses conséquences. C’est-à-dire vous permettre de réorganiser votre vie sans votre proche disparu.

 

Au bout d’un moment, vous arrêterez de ruminer sur votre vie avec votre défunt. Ça n’est pas parce que vous pensez moins à lui ou elle ou que vous commencez à l’oublier. C’est juste le stress et la tristesse qui s’en vont.

Les 5 étapes du deuil

Les 5 étapes du deuil

Crédit photo : Karim MANJRA sur Unsplash

On entend souvent que le deuil suit un processus en 5 étapes. Cette théorie a été développée par Élisabeth Kübler-Ross, auprès de personnes venant d’apprendre qu’elles souffraient d’une maladie incurable ou pour des personnes venant de perdre un être cher.

 

Selon cette autrice, l’individu passerait par cinq stades :

👉 #1 - Le déni

Le moment où la personne ne veut pas admettre que la mort est vraie (“ils ont dû se tromper, ça doit être quelqu’un d’autre, on me fait une mauvaise blague …”).

👉 #2 - La colère

La personne se révolte contre la fatalité ou contre le proche décédé (“mais pourquoi c’est tombé sur lui ? C’est dégueulasse ! Et pourquoi il a fait ça ?”)

👉 #3 - Le marchandage

Consiste à négocier, souvent en se tournant vers la spiritualité ou l’irrationnel (“peut-être que je le ou la retrouverait après la mort. Et si on inventait une machine à remonter dans le temps, peut-être qu’elle pourrait revenir”).

👉 #4 - La dépression

La personne admet que la mort a bien eu lieu. Elle est terriblement triste.

👉 #5 - L’acceptation

Ça y est la personne peut admettre que le défunt est parti et vivre sans sa présence.

La théorie de Kübler-Ross est intéressante, notamment parce que les émotions qu’elle décrit semblent assez justes. Néanmoins, le processus n’est pas linéaire. Il ne s’agit pas de phases qu’on traverse les unes après les autres. Les émotions s’entremêlent souvent entre le déni, l’acceptation, pour revenir à la colère puis à la dépression.

 

Dans tous les cas, encore une fois, n'essayez pas de lutter. Ressentez ce que vous ressentez. Et vous n’avez pas à vous sentir coupable d’être en colère. C’est votre cerveau qui en a besoin.

Quand consulter un psychologue ?

Le travail du deuil, même s’il est douloureux, ne nécessite en général pas de prise en charge psychologique. D’ailleurs, selon certaines études, la prise en charge par les soignants peut même compliquer le travail. Par exemple, prendre des anxiolytiques ou des antidépresseurs risque de bloquer les émotions et donc le processus normal de deuil.

 

Le travail est donc un processus qui se gère généralement tout seul. Mais il peut se compliquer. Cela dépend, notamment, de la relation qui était entretenue avec la personne et des conditions de son décès. Il devient recommandé de consulter un psychologue dans les cas suivants :

Si le deuil s’éternise

Après quelques mois, si vous souffrez autant qu’aux premiers jours du décès et que vous ressentez ces signes, il est important de consulter :

Vous êtes en difficulté ?

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La crème de la crème.

  • Signes de dépressions (accès de colère, tristesse chronique, troubles du comportement alimentaire, troubles du sommeil, si vous n’avez plus envie de rien, si vous ne prenez plus de plaisir à rien, que vous restez continuellement dans votre lit, ou avez des troubles de la concentration …)

  • Signes d’un état de stress post-traumatique (ESPT). Le choc traumatique à la suite de l’annonce est normal. il faut s’inquiéter à partir du moment où il dure. Un ESPT est caractérisé par le fait de revivre en permanence le décès ou d’y penser constamment, un niveau de stress pouvant causer des attaques de panique ou un état d’anxiété généralisée.

  • Une surconsommation d’alcool, de médicaments ou de drogues.

  • Quand ça devient somatique (problèmes de peau, zona, eczéma, douleurs dans la poitrine, troubles digestifs, mal de dos, douleurs chroniques, etc).

  • Quand la difficulté se prolonge et que la personne n’arrive pas à réorganiser sa vie sans le défunt.

Si l’annonce du décès cause une détresse psychologique

Juste après le décès, si vous ressentez certains de ces symptômes, il est important de consulter :  

  • S’il y a un risque suicidaire, des pensées récurrentes autour du suicide ou des plans déjà établis.

  • Décompensation brutale, quand la personne n’arrive plus du tout à gérer sa vie ou paraît complètement incohérente.

Dans le cas des morts violentes

Parfois, il peut être nécessaire de consulter après la mort violente d’un proche.

C’est notamment le cas pour un accident causé par un tiers (un accident de voiture dû à la vitesse) ou un homicide.

 

Dans ce cas, le psychologue va aider à appréhender le choc traumatique, tout d’abord lié à la soudaineté de la mort, mais aussi à sa violence. En effet, ce type d’évènement peut créer un traumatisme. La personne va alors subir l’événement comme si elle l’avait elle-même vécu. Le psychologue, dans ce cas, peut vous aider à faire la part des choses entre le deuil et le traumatisme.

Dans le cas d’un suicide

Le suicide est un cas particulier où la personne elle-même s’est donnée la mort. Cela peut être particulièrement culpabilisant pour ceux qui restent, ou à l’inverse, ils peuvent ressentir une immense colère envers la personne. 

Pour faire le tri entre toutes ces émotions, il peut être utile de consulter un psychologue.

 

Dans tous les cas, pensez à vous rapprocher d’associations de victimes pour partager avec d’autres individus qui ont vécu la même chose que vous.

Le deuil particulier d’un enfant

La mort d’un enfant est terrible parce qu’elle va à l’encontre du processus naturel de l’existence. C’est inimaginable et terriblement cruel de penser que quelqu’un qui avait la vie devant elle ne pourra jamais en profiter. Et même le plus badass des pères peut être bouleversé par cet évènement (vous avez vu “The Last of us” ?).

 

De plus, c’est un sujet difficile à aborder parce qu’il met souvent mal à l’aise. C’est pour ça qu’il peut être nécessaire de vous rapprocher d’associations pour partager avec d’autres pères qui ont vécu la même souffrance.

Le cas de la fausse couche

Si on peut facilement comprendre qu’une fausse couche soit difficile pour les femmes, il faut aussi reconnaître que ça peut être dur pour le papa aussi. L’arrivée d’un bébé porte des espoirs, un monde nouveau à venir, de nouvelles responsabilités.

On ne parle pas beaucoup de la tristesse que peut causer une fausse couche, pourtant c’est aussi un deuil. Même si vous n’aviez jamais rencontré ce bébé. Et à ce titre, vous avez aussi besoin de temps.

Les autres types de deuil

Les autres types de deuil

Crédit photo : Matthew Henry sur Unsplash

Parce qu’on ne s’attache pas qu’à ses parents, il existe d’autres types de deuil. En quoi sont-ils différents et comment les appréhender ?

Le deuil amoureux

Mettre fin à une relation ou être quitté, c'est aussi devoir réapprendre à vivre sans quelqu’un qu’on aime. La différence est que la compagne ou le partenaire est toujours en vie. Il n’y a donc pas, a priori, d’aspect définitif, comme ça peut être le cas dans un décès.

En fonction de vos relations demandez à vos amis de vous aider, vous serez souvent positivement surpris.

Le deuil d’un animal de compagnie

Selon certaines études, ça peut être aussi compliqué de gérer le deuil d’un animal de compagnie que celui d’un proche. L’animal accueille son maître quand il rentre chez lui et rythme les journées.

 

C’est d’autant plus vrai pour les chiens, plus dépendants de leurs maîtres. De plus, il faut les promener ce qui peut occuper une véritable place dans l’emploi du temps de leurs maîtres.

 

Donc, oui, vous avez absolument le droit d’être dévasté et de poser un RTT pour votre compagnon à quatre pattes.

Le deuil d’un emploi ou d’un métier

Le deuil d’un emploi, par exemple, quand on a été licencié ou suite à une maladie professionnelle, peut aussi être difficile à accepter. Le métier et l’emploi d’une personne font partie de son identité : “je suis plombier, avocat, vétérinaire”.

 

Il permet aussi d’avoir des moyens d’existence : un salaire. Et perdre une source de revenu peut causer un grand stress. Mais contrairement au deuil d’une personne, la perte d’un emploi est réversible. C’est-à-dire qu’il est possible d’en trouver un autre.

 💡Le saviez-vous ?

Pourquoi pleure-t-on ?

Pourquoi pleure t on ?

Crédit photo : Lauren Kay sur Unsplash

Les scientifiques ne savent pas très bien pourquoi les humains pleurent. Mais a priori, nous sommes l’une des rares espèces à le faire (avec les éléphanteaux). Bien sûr, les animaux peuvent pleurer quand ils ont une poussière dans l'œil. Mais jamais par émotion. Alors pourquoi les humains pleurent-ils ? Pour certains scientifiques, il s’agirait d’un signal social. Quand quelqu’un pleure, il fait comprendre aux autres qu’il va mal et qu’il a besoin d’aide.

 

De plus, pleurer active le système para-sympathique et permet au corps de se détendre en libérant des endorphines. 

 

Donc arrêtez de faire le dur, faites-vous confiance : si vous avez besoin de pleurer, pleurez. Votre corps vous le demande. Et accepter que ça prenne un peu de temps.

 

Mais vous allez y arriver.

Sources :

Par Marie-Anne Kantor

Master en psychologie sociale

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